A spectacle bicéphale égaré entre le ventre et le cerveau, réception bicéphale écartelée entre sourire et rejet. Repris aux Bouffes du Nord après avoir été joué au théâtre des Célestins à Lyon, Dans le ventre des cerveaux, création conjointe de Jules Sagot et de Christophe Montenez, est un ovni théâtral. L’enjeu : une émission diffusée en prime time à l’occasion de la Journée de la planète et qu’anime Emmanuelle Bercot (rebaptisée Isabelle Percot) flanquée de deux chroniqueurs (Sharif Andoura et Jean-Charles Clichet) tandis qu’en fond de plateau, sur une estrade surélevée, Candice Bouchet cuisine pour la fine équipe (référence claire à une célèbre émission de France 5).
Le plat servi est en accord avec le thème de la conversation (savante, mais très alcoolisée) : dans un contexte d’écoanxiété exacerbée, quelles mesures collectives et individuelles prendre pour sauver la civilisation ? Pour le repas, des légumes résilients sont prévus : des betteraves ou des topinambours ou bien encore des épinards.
Pris à partie d’entrée de jeu par des comédiens énergiques qui maîtrisent, avec un superbe aplomb, l’art du free-style et de l’improvisation, le public participe à l’émission de radio en pseudo-direct. La salle lève les bras, scande les noms, répond aux questions que lui pose le trio. La facilité avec laquelle les interprètes parviennent à transformer les spectateurs en acteurs de la représentation est source de trouble et d’intérêt.
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