Depuis plusieurs jours, Jordan Bardella se plaint du fait que le site Mediapart contacte ses anciens amis d’adolescence, y voyant la marque d’un harcèlement. Certains lui ont signalé ces sollicitations ; d’autres ont fourni à Mediapart ce qu’il cherchait, à savoir les conversations tenues en 2013 avec le compte Facebook de Jordan Bardella. Celui-là même qui déversait des propos antisémites et complotistes, que le président du Rassemblement national nie avoir tenus. Dans un article publié vendredi 9 octobre, le journal d’investigation affirme que quatre interlocuteurs, à l’époque, de Jordan Bardella, « ont confirmé, documents à l’appui, que celui-ci était bien resté maître de son compte sur la période ». Trois d’entre eux ont extrait, auprès de l’hébergeur Meta, leurs conversations avec M. Bardella, dans lesquelles il mentionne des épisodes personnels apparaissant également dans l’autre conversation.
De nouveaux éléments de preuve sont par ailleurs fournis par Jordan Bardella en personne, sur son compte Twitter de l’époque. Le compte est toujours le même, et le député européen n’a jamais dit avoir été piraté. En 2013, dans la conversation Messenger contenant les phrases antisémites (telles que « Les banques sont toutes détenues par les juifs » ou « le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler »), le propriétaire du compte Jordan Bardella tient plusieurs propos qu’il répercute sur son compte Twitter simultanément. Un exemple, le plus frappant : le 12 septembre 2013 à 22 h 52, il signale à son interlocuteur avoir découvert via une lecture « sur Internet » que le secrétaire général adjoint de l’Elysée – Emmanuel Macron – « était employé de la banque Rotschild » (sic). L’information est pourtant connue depuis 2012. Le même jour à 22 h 50, le compte Twitter de Jordan Bardella publie : « Le Conseiller Economique de François Hollande, employé par la Banque Rotschild », suivi d’un lien vers un article de Challenges publié un an plus tôt.
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