La plateforme de vote pour la primaire de la gauche sociale-démocrate est victime depuis vendredi 9 octobre au matin d’une cyberattaque, qui provoque un « ralentissement », sans toutefois arrêter le scrutin, a annoncé la commission d’organisation de la primaire dans un communiqué.
Cette attaque consiste à créer un « afflux massif et fictif de connexions » qui « entrave la capacité à voter d’une partie des électrices et électeurs », précise le président de la commission, Patrick Mennucci. « Toutefois, à aucun moment la plateforme de vote n’a été interrompue, et le scrutin a pu se poursuivre sans coupure depuis son ouverture (…), l’intégrité des votes enregistrés n’est pas compromise », a-t-il ajouté.
Le vote du premier tour, qui a débuté à 8 heures vendredi, doit se poursuivre jusqu’à samedi 20 heures. Le résultat sera connu dans la foulée. Si un deuxième tour est nécessaire, il aura lieu les 16 et 17 octobre.
Le premier tour de la primaire sociale-démocrate a débuté vendredi. Quelque 140 000 électeurs vont choisir leur candidat à la présidentielle parmi cinq prétendants, dont le favori est l’eurodéputé de Place publique Raphaël Glucksmann, et son challenger, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure. L’ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, le député socialiste Jérôme Guedj et le député de La Gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel sont également en lice.
Au terme de trois débats télévisés, pendant lesquels les affrontements ont parfois été rugueux, plusieurs points de friction se sont fait jour, notamment quant à une éventuelle alliance avec La France insoumise (LFI). Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj la refusent vigoureusement, accusant le leader « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, de jouer avec les codes de l’antisémitisme, et arguant qu’une alliance avec LFI serait synonyme de défaite.
Ils accusent de « soumission » à LFI Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel, tous trois favorables à un rapprochement de l’ensemble de la gauche à l’Assemblée. A l’inverse, Olivier Faure et Ségolène Royal ont reproché à Raphaël Glucksmann de vouloir, selon eux, se tourner vers le centre.
Crainte de l’« effacement » du PS
Jeudi, les tensions se sont exacerbées : Olivier Faure, a estimé qu’une victoire de Raphaël Glucksmann signifierait l’« effacement » du PS dans l’élection présidentielle. Ségolène Royal avait déjà déploré un « hold-up » de l’eurodéputé sur le parti.
M. Glucksmann y a vu des « attaques désespérées de dernière minute ». « Cette primaire, c’est un choix sur les options stratégiques et un choix sur la place qu’on veut occuper dans cette élection présidentielle. Moi, j’ai une conviction, nous pouvons gagner l’élection présidentielle de 2027 », a-t-il plaidé jeudi soir, en déplacement à Nancy.
Même si le corps électoral a dépassé les prévisions qui tablaient sur 90 000 inscrits, cette primaire est très loin de celle qui avait permis la victoire de François Hollande en 2012 (entre 2,6 millions et 2,8 millions de votants).
« Je n’ai pas de pronostic à faire, parce qu’on ne sait pas quel est le corps électoral, on ne sait pas qui sont les gens qui se sont inscrits », a souligné Olivier Faure jeudi, en déplacement dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Raphaël Glucksmann a dit espérer que l’élargissement du corps électoral « corresponde aux sympathisants de [son] espace politique ». « Donc, cela aurait tendance évidemment à me donner de l’espoir », a-t-il ajouté.