Occupant un étage de l’exposition, Odilon Redon (1840-1916) en est l’un des deux héros – l’autre étant Gauguin. Si Fayet n’a jamais rencontré ce dernier, ses relations avec Redon sont durables et quasi familiales. Elles commencent en 1900 et, dès l’année suivante, le collectionneur commence à acquérir ses œuvres. A partir de son installation à Paris, en 1905, les deux hommes se voient plus aisément et Fayet passe commande à l’artiste, dès l’année suivante, d’un portrait de sa femme, Madeleine, puis de ceux de ses enfants. Si Redon traite librement fonds et décors, les poses sont convenues, les visages peu expressifs. Ce n’est pas dans cet exercice qu’il peut donner sa mesure, trop contraint par l’impératif de ressemblance et l’envie de satisfaire son commanditaire.
Sa singularité est tout autre, irréaliste et non réaliste, dans les visions imaginaires qu’il fait apparaître par le fusain et la lithographie. Les mythologies assyriennes, égyptiennes et grecques, les religions de l’Inde, le christianisme tel que le Moyen Age l’a sculpté et peint, et le romantisme gothique lui suggèrent des apparitions à peine sorties de l’ombre, divinités spectrales, fantômes de guerriers, monstres, cyclopes.
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