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Lycéen amputé d’une main à Lens : la famille s’est constituée partie civile pour « connaître la vérité »

Lycéen amputé d’une main à Lens : la famille s’est constituée partie civile pour « connaître la vérité »

Une nouvelle plainte a été déposée par la famille d’Evan, le lycéen dont la main a été arrachée par une grenade policière en marge de manifestations devant son établissement, le 5 octobre, à Lens (Pas-de-Calais), a annoncé, mercredi 14 octobre, l’un de ses avocats.

Sa famille se constitue cette fois-ci partie civile, pour obtenir « une enquête sereine impartiale » et « connaître la vérité », a précisé Me Bertrand Wattez. Elle porte plainte pour violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente afin d’obtenir qu’un juge d’instruction soit saisi, avec l’espoir d’un procès devant les assises ou une cour criminelle.

Evan, 15 ans, élève en seconde professionnelle qui voulait devenir menuisier, a, selon sa défense, démenti avoir ramassé la grenade qui a arraché sa main gauche et nié toute participation à des actions violentes. Le procureur de Béthune, Etienne Thieffry, avait rapporté vendredi que « l’ensemble des témoignages, (…) à l’exception d’un seul, convergent » sur le fait que la grenade, tirée à longue distance, avait « atterri au sol », avant que l’un des manifestants « ne s’en empare jusqu’à ce qu’elle explose ».

Suspension des grenades assourdissantes

Evan « était à proximité de la grenade mais n’avait pas du tout l’intention de la saisir », a martelé Me Wattez lors d’une conférence de presse, ajoutant : « nous avons été choqués de voir le parquet prendre fait et cause pour la version des policiers ».

Il a souligné qu’Evan est droitier, et que c’est sa main gauche qui a été arrachée. L’adolescent, qui est toujours hospitalisé, a également été partiellement amputé de la main droite. « Nous souhaitons savoir pourquoi un gamin plein de projets voit ses rêves s’effondrer », a-t-il ajouté, déplorant que le parquet laisse entendre qu’il « est à l’origine de sa propre amputation ».

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a ordonné la semaine dernière la suspension de l’usage des grenades assourdissantes face à la mobilisation lycéenne. Au total, 36 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN, dont quatre concernent des « blessures mutilantes » et six des « blessures significatives », a fait savoir M. Nuñez, mardi, devant le Sénat. Depuis le début de la contestation, plus de 200 lycéens ont été blessés, « près de 900 » policiers et gendarmes, selon le ministre, et 147 personnels de l’éducation nationale.

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