Politique

Mobilisation lycéenne : la stratégie erratique d’un gouvernement pris de court

Mobilisation lycéenne : la stratégie erratique d’un gouvernement pris de court

Quelle réponse apporter aux manifestations lycéennes les plus importantes depuis 1986 ? Confronté, à six mois de la fin de son mandat, à une déroutante éruption mêlant des revendications variées et parfois contradictoires, comme il n’en avait pas connue depuis dix ans, Emmanuel Macron a été, tout comme son gouvernement, pris au dépourvu dans un premier temps.

Alors que le blocage des lycées a démarré mi-septembre à Créteil (Val-de-Marne), le chef de l’Etat ne formule que début octobre la stratégie qui doit être celle de l’exécutif face à cette crise. Elle repose sur trois piliers : défense de l’ordre « avec proportionnalité et déontologie » ; dialogue avec les lycéens ; dénonciation des partis politiques qui cherchent à souffler sur les braises.

Dès le début du mouvement, cependant, la répression policière prend le pas sur le dialogue avec les manifestants ou la dénonciation des fauteurs de troubles. Cellule interministérielle de crise réunie à Beauvau, interpellations et placements en garde à vue massifs afin de dissuader les adolescents de participer aux manifestations suivantes, usage de lanceurs de balles de défense et de grenades assourdissantes en dépit de l’âge des manifestants, la réponse est avant tout policière. Il s’agit de rassurer l’électorat du bloc central, qui craint le désordre.

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